Détrompeurs poka-yoke
En service
Le contexte
Des réclamations clients remontaient un défaut récurrent sur certaines cartes électroniques : des connecteurs soudés à l'envers. Une fois la carte passée en soudure, le défaut est coûteux — la carte est bonne pour le rebut. Il fallait un moyen de contrôle en amont, directement sur la ligne, simple à utiliser par les opérateurs.
La solution
J'ai conçu de petits détrompeurs — des outils dits poka-yoke, « anti-erreur » en lean manufacturing — qui s'insèrent sur le connecteur avant l'étape de soudure. Le principe : si le connecteur est mal positionné, l'outillage ne se monte pas. L'opérateur voit immédiatement le problème et corrige avant que le défaut n'existe.
La difficulté technique était l'environnement : la carte, détrompeur en place, traverse la machine de soudure « à la vague », où l'outillage subit une atmosphère avoisinant les 100 °C. J'ai mené une campagne de tests sur plusieurs matériaux d'impression 3D pour retenir le PPS-CF, dont la tenue en température s'est révélée adaptée à cet usage.
L'impression en interne, plutôt qu'une sous-traitance en usinage, a réduit drastiquement le coût et le délai : la boucle conception → impression → mise en ligne se joue en quelques heures.
Les chiffres, et ce qu'ils veulent dire
Ce que ce projet m'a appris
C'est mon projet le plus simple mécaniquement — et l'un des plus rentables pour l'entreprise. Il m'a appris qu'une bonne solution n'est pas forcément une solution complexe : c'est celle qui supprime le problème à la racine, au bon endroit du processus, pour un coût que personne ne peut discuter. Il m'a aussi initié à l'argumentation économique : un ingénieur qui chiffre l'impact de sa solution est un ingénieur qu'on écoute.
Mobilisé : Impression 3D · Choix matériaux · Démarche qualité / lean · Analyse économique · Travail avec les opérateurs